MAKAYA, un quintette qui se distingue dans la catégorie du jazz créole par ses sonorités uniques. Ces jeunes et talentueux instrumentistes explorent certains éléments des musiques traditionnelles de la Caraïbe sous un nouveau jour.
Leur répertoire: fusion de jazz et de musiques traditionnelles de la caraïbes, est essentiellement original et instrumental. Leurs prestations gagnent aisément tous les auditeurs: les mélomanes avertis et les simples curieux louent la musicalité et la virtuosité du jeu des Makayens.
Le terme MAKAYA renvoie au nom de l'une des plus hautes montagnes d'Haïti. Basé à Montréal, le groupe est fier de présenter au public son premier album éponyme de 12 titres.
Le plus ancien écrit créole connu, recueilli à Saint-Domingue
-présentement Haïti- par Duvivier de la Mahotière vers 1750. Chantée
par Jude Deslouches, cette version, basée sur la musique du
compositeur haïtien Ludovic Lamothe (1882-1953) est dédiée à la
mémoire d'Aimé Césaire.
Voici le texte tel que parvenu jusqu'à nous (Jean Price-Mars, Ainsi
Parla l'Oncle), ainsi que ses traductions française et anglaise.
| Version Créole | Version Francaise |
| Lisette quitté la plaine, Mon perdi bonher à moué Gié à moin semblé fontaine Dipi mon pa miré toué… La jour quand mon coupé canne Mon songé zamour à moué, La nuit quand mon dans cabane Dans drani mon quimbé toué. |
Lisette tu fuis la plaine Mon bonheur s’est envolé, Mes pleurs en double fontaine Sur tous tes pas ont coulé... Le jour moissonnant la canne Je rêve à tes doux appas, Un songe dans ma cabane La nuit te met dans mes bras. |
| Si to allé à la ville Ta trouvé geine Candio, Qui gagné pour tromper fille Bouche doux pasé sirop... To va vrèr yo bien sincère Pendant cœur to coquin trop C’est serpent qui contrefaire Crié rat pour trompé yo. |
Tu trouveras à la ville Plus d’un jeune freluquet Leur bouche avec art distille Un miel doux mais plein d’apprêt... Tu croiras leur cœur sincère leur cœur ne veut que tromper, Le serpent sait contrefaire Le rat qu’il veut dévorer. |
| Dipi mon perdi Lisette Mon pas sonchié Calinda, Mon quitté Bram-bram sonnette Mon pas batte Bamboula… Quand mon contré l’aut’ nèguesse Mon pas gagné gié pou li, Mon pas sonchié travail pièce Tout qui’chose à moins mouri. |
Mes pas loin de ma Lisette S’éloignent du Calinda, Et ma ceinture à sonnette Languit sur mon Bamboula... Mon œil de toute belle N’aperçoit plus de souris, Le travail en vain m’appelle Mes sens sont anéantis. |
| Mon maigre tant cou gnou souche Jambe à moin tant comme roseau, Mangé n’a pas doux dans bouche Tafia c’est même comme d’l’eau... Quand moin songé toué Lisette D’l’eau toujou dans gié moin, Magner moin vini trop bête A force chagrin magné moin. |
Je péris comme la souche Ma jambe n’est qu’un roseau, Nul mets ne plaît à ma bouche La liqueur s’y change en eau... Quand je pense à toi Lisette Mes yeux s’inondent de pleurs, Ma raison lente et distraite Cède en tout en mes douleurs. |
| Lisette mon tandé nouvelle To compté bientôt tourné, Vini donc toujours fidelle Miré bon passé tandé.. N’a pas tardé davantage To fair moin assez chagrin, Mon tant comme zouézo dans cage Quand yo fair li mouri faim.- |
Mais est-il bien vrai ma belle Dans peu tu dois revenir, Oh! reviens toujours fidèle Croire c’est moins doux que sentir… Ne tarde pas davantage C’est pour moi trop de chagrin, Viens retirer de sa cage L’oiseau consumé de faim.- |
Un des moments forts de la soirée aura été la prestation, le mix parfait, que dire, la symbiose totale entre le groupe du jour et la soliste québécoise Chantal Lavigne. Comme cette haute montagne d'Haïti du même nom, on avait l'impression que le Makaya Jazz band et la diva, uni avec un public conquis et soumis s'en allaient tout droit vers une explosion. Celle d'un volcan se sentant le devoir accompli et prêt à faire ce qu'elle savait faire de mieux. [...]
